La chambre implantable
Définition
Objectifs
Indications
Contre-indications
Descriptif
de la chambre implantable
Les lieux d'implantation
Risques et
Complications
Règles de manipulation
de la chambre
implantable
Soins infirmiers pour la pose
d'une
chambre implantable
Définition
La chambre
implantable ou chambre à cathér implantable (CCI) est un réservoir
d’accès vasculaire central, implanté sous la peau, pour l'injection de
médicaments.
Cadre législatif
- Prélèvements sanguins relevant du rôle
sur prescription médicale : art. R.4311-7 décret 2004-802 du 29/07/2004.
- Injections relevant du rôle sur
prescription médicale : art. R.4311-7 décret 2004-802 du 29/07/2004.
- Surveillance relevant du rôle propre
infirmier : art. R. 4311-5 décret 2004-802 du 29/07/2004.
Objectifs
- Accès répété au système vasculaire.
- Réalisation de traitement ambulatoire.
- Augmenter le confort du patient.
- Réduire le risque infectieux.
Indications
- Préserver le capital veineux.
- Injections et perfusions médicamenteuses
en continues.
- Chimiothérapie anti-cancéreuse.
- Alimentation parentérale.
- Faire des prélèvements sanguins.
Contre-indications
- Allergie au silicone.
- Trouble de la coagulation.
- Compression vasculaire.
- Hémophilie.
Descriptif
de la chambre implantable
La chambre
implantable est constituée de 3 parties :
- La chambre ou réservoir composé du
septum en silicone : partie supérieur où sont faites les injections,
constituée d'une membrane en silicone auto-obstructive.
- Le cathéter : en silicone ou en
polyuréthane radio-opaque qui relie la chambre au réseau veineux, il
est fixé à la chambre par un système de verrouillage en acier.
- Le système de verrouillage.

Les
lieux d'implantation
- Thoracique : veine sous-clavière ou
veine jugulaire.
- Iliaque : veine iliaque, veine cave
inférieur.
- Intra artériel : in situ à un organe.
- Intra péritonéal : dans le péritoine.
- Intra rachidien : pour un traitement
antalgique, canal arachnoïdien.
Risques
et Complications
- Infection
:
- Asepsie rigoureuse, environnement
propre, matériel stérile à usage unique.
- Désinfection de la peau.
- Mettre un masque au patient et lui faire
tourner la tête.
- Risque
de retournement de la chambre implantable :
- Avant de la manipuler, repérer
obligatoirement la chambre entre 2 doigts.
- Pour piquer, ne jamais lâcher la chambre
et toujours la maintenir.
- Pour dépiquer, ne jamais lâcher la
chambre et toujours la maintenir.
- Thrombose
veineuse ou obstruction
du cathéter :
- Avant d’injecter, s’assurer de la
perméabilité du cathéter, vérifier le reflux à chaque manipulation,
après le reflux, faire un rinçage abondant.
- Remplir une seringue de sérum
physiologique et pousser : si résistance, il y a obstruction,
ne plus pousser.
- Toujours rincer les chambres abondamment
au moment du débranchement, du branchement et entre chaque traitement.
- Risque
d’extravasation : épanchement de produit injecté en dehors
de la chambre avec diffusion dans les tissus péri-vasculaires.
- Risque
de désunion du cathéter et de la chambre.
- Risque
d’embolie gazeuse :
- Toujours travailler avec du matériel
purgé.
- Toujours manipuler en système clos.
- Prendre systématiquement des seringues à
pas de vis.
Règles
de manipulation de la chambre
implantable
-
Toujours
utiliser une aiguille à pointe de Huber : biseau
tangentiel afin d'éviter d'enlever une carotte du septum de la chambre
implantable.
-
Utiliser une
seringue à verrou : évite les problèmes d'étanchéité.
-
Utiliser une
seringue supérieur ou égale à 10 ml : pour ne pas exercer
une pression trop forte qui pourrait entraîner une rupture du cathéter.
-
Maintenir le
système fermé et en pression continue : pour éviter une
embolie gazeuse et le reflux sanguin dans le cathéter (risque de
coagulation).
-
Maintenir
fermement la chambre entre deux doigts lors des manipulations
: permet d'avoir un geste précis et efficace. Evite le retournement du
boîtier et des douleurs.
-
Piquer
perpendiculairement : pour éviter de léser la membrane et
la rendre perméable.
-
Piquer
jusqu'à la butée de l'aiguille : pour être certain
d'injecter dans la chambre.
-
Injecter du
sérum physiologique avant toute injection médicamenteuse :
diminue les risques liés à l'extravasation et les obstructions.
-
Injecter
sans exercer de pression trop forte : pour ne pas dépasser
un éventuel thrombus ou de créer une rupture du cathéter.
-
Vérifier
l'état cutané avant tout soin : diminue le risque
infectieux.
-
Rincer la
chambre après chaque manipulation : évite l'apparition
d'un thrombus qui nuirait à la perméabilité du cathéter.
-
Alcoolisation
après passage de nutrition parentérale : évite
l'obstruction du cathéter.
-
Tout retrait d'aiguille de Huber ou gripper se fait en pression positive.
Conduite à tenir en cas d'extravasation
- Arrêter la perfusion mais ne pas
dépiquer.
- Prévenir le médecin.
- Délimiter les contours du territoire
extravasé par un crayon dermographique indélébile.
- Conserver le dispositif d'injection en
place.
- Aspirer 3 à 5 ml de sang pour retirer le
maximum de produit anticancéreux.
- Injecter 5 à 10 ml de sérum
physiologique afin de diluer le médicament.
- Puis aspirer à l'aiguille courte le
maximum de produit infiltré.
- Retirer le dispositif d'injection.
Soins
infirmiers pour la pose d'une
chambre implantable
Soins en pré-opératoire
- Lieu d’implantation décidé avec l’accord
du patient.
- Préparation psychologique du patient.
- Préparation physique : douche
antiseptique, rasage, habillement pour bloc chirurgical.
- Pose au bloc opératoire, sous anesthésie
générale ou locale, par un chirurgien.
Soins en post-opératoire
- Contrôle radiologique du thorax pour
vérifier le bon positionnement du cathéter.
- 1ère injection par le chirurgien au bloc
opératoire.
- Surveiller si hématome.
- Surveillance d'un syndrome inflammatoire
ou infectieux : température.
- Ablation de fils vers J7
- J0.
Education du patient :
- Donner un carnet de suivi, prévenir du
de la chambre implantable avant tout examen.
- Prise de douches possibles. Vivre
normalement.
- Ne pas mettre de bretelles, attention
avec la ceinture de sécurité routière.
- Proscrire les sports violents.
Surveillances
- Surveiller les signes d’infection local
(rougeur, écoulement, gonflement) et généraux (hyperthermie, sueur,
frissons).
- Surveiller l'apparition d'un hématome.
- Surveiller et prévenir les risques lors
de la manipulation.
- Contrôle radiologique thoracique pour
vérifier le bon positionnement de la chambre.
MAJ:26/02/2009
Voir aussi :