Le sondage naso-gastrique
Définition
Indications
Contre-indications
Matériel
Réalisation du soin
Risques et
complications
Surveillances et
évaluations
Définition
Le sondage
gastrique est l'introduction
d'une sonde dans l'estomac par voie nasale (sondage naso-gastrique)
pour en évacuer son contenu ou pour administrer des produits
directement dans l'estomac.
Cadre législatif
- Pose de sonde : soin infirmier sur
prescription médicale : art. R.4311-7 décret 2004-802 du 29/07/2004.
- Changement de sonde : soin infirmier sur
rôle propre : art. R.4311-5 décret 2004-802 du 29/07/2004.
Indications
- Aspiration gastrique :
- Prévenir la dilatation de l’estomac.
- Prévenir les risques d'inhalations des
patients intubés.
- Soins de la chirurgie digestive.
- Empêche les vomissements.
- Empêche de syndrome de Mendelson.
- Eviter les tensions des sutures
digestives.
- Nutrition entérale :
- Alimentation orale impossible.
- Toutes les pathologies qui sont
responsables d'un bilan calorico-azotée et hydroélectrolytiques
négatives (par défaut d'apport ou excès de perte) :
- Défaut d'apport : anorexie, sénilité,
lésion au niveau de la partie supérieur du tube digestif.
- Excès de perte : perte extra-digestives,
diarrhée aqueuse, médicaments d'absorption intestinale.
Contre-indications
- Présence d'une douleur intense lors de
l'introduction de la sonde.
- Lésion hémorragique et varices
oesophagiennes.
- Antécédents ORL (pose par un médecin).
Matériel
- Les sondes :
- Sonde de Salem :
- Sonde transparente à double courant :
- 1 orifice permettant la connexion de
l'aspiration.
- 1 orifice permettant une prise d'air.
- Plusieurs orifices latéraux qui
permettent l'aspiration du contenu gastrique.
- Ligne radio-opaque : permet de vérifier
son bon positionnement à la radiograpie.
- Repère tous les dix centimètres : permet
de contrôler son positionnement.
- Tailles de 10 à 20 charrières, et
longueurs de 90 à 120 cm en fonction de la prescription.
- Sonde de nutrition entérale type Levin.
- Sonde souple.
- Petite taille.
- Tube de Faucher.
- Sonde de gros diamètre.
- Gants non stériles à usage unique.
- Compresses non stérile.
- Lubrifiant hydrosoluble.
- Verre d'eau.
- Seringue de 60 mL avec un embout conique.
- Stéthoscope.
- Sparadrap.
- Réniforme (haricot).
- Mouchoir.
- Protection papier absorbante à usage
unique.
- Marqueur indélébile.
- Sac à élimination des déchets.
- Désinfectant de surface et chiffonnette.
- Nécessaire à l'hygiène des mains.
- Matériel en fonction de l'indication :
- Aspiration
gastrique :
- Système d’aspiration :
- Aspiration active :
- Prise murale de vide munie d’un
manomètre.
- Réceptacle à usage unique.
- Tuyaux.
- Raccord biconique.
- Aspiration par gravité :
- Sac de recueil.
- Tuyau.
- Raccord biconique.
- Nutrition
entérale.
Réalisation
du soin
- Vérifier la prescription médicale.
- Vérifier le bilan de l'hémostase du
patient : TP, TCA, plaquettes.
- Prévenir le patient et lui expliquer que
c'est un soin désagréable mais pas douloureux.
- Effectuer un lavage simple des mains ou
effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une
solution hydro-alcoolique : hygiène
des mains.
- Installer le matériel après vérification
des dates de péremptions et de l'intégrité des emballages.
- Installation sur une surface propre et
désinfectée au préalable.
- Installer les poubelles de tri des
déchets au pied du lit du patient.
- Respecter le triangle d'hygiène, de
sécurité et d'ergonomie : Propre
(matériel) – Patient – Sale (poubelles).
- Demander au patient de se moucher.
- Installer le patient en position assise,
tête légèrement inclinée vers l'avant : permet l'ouverture de
l'œsophage.
- Si le patient est porteur de prothèses
dentaires, lui faire enlever.
- Effectuer un lavage simple des mains ou
effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une
solution hydro-alcoolique : hygiène
des mains.
- Mettre les gants non stériles.
- Choisir le repère sur la sonde :
- 1er repère : distance entre l'oreille et
le nez.
- 2ème repère : ajouter au 1er repère, la
distance entre le nez et le creux gastrique.
- Lubrifier la sonde.
- Introduire la sonde horizontalement dans
une narine. Respecter la courbure physiologique.
- Demander au patient, lors de la
progression de la sonde, de déglutir sa salive ou lui faire boire
quelques gorgées d'eau : ce qui facilite le passage du carrefour
pharyngé.
- Vérifier que la sonde ne s'enroule pas
dans la bouche.
- Progresser lentement jusque dans
l'estomac, en ménageant des pauses pour permettre au patient de
respirer : ne jamais forcer en raison du risque de blessure de la
cloison nasale.
- Si le patient se met à tousser, stopper
la progression de la sonde : la sonde peut se trouver dans une bronche,
dans se cas, retirer la sonde, lubrifier à nouveau la sonde et
recommencer en passant par l'autre narine.
- Stopper la progression lorsque le repère
est à la narine.
- Vérifier le bon positionnement de la
sonde :
- Aspirer 30 ml d'air dans la seringue et
adapter la
seringue à la sonde.
- Poser le stéthoscope au niveau de l'air
gastrique : région épigastrique (8-10 cm sous le sternum).
- Injecter les 30 ml d'air contenus dans
la seringue.
- Ecouter les borborygmes (gargouillis)
qui confirme la bonne position de la sonde.
- Clamper la sonde d'alimentation
- Désadapter la seringue.
- Jeter les gants.
- Fixer la sonde avec du sparadrap sur la
narine puis sur le front ou la joue.
- Adapter la sonde en fonction de
l'indication, soit au système d'aspiration et régler le manomètre, soit
à l'alimentation et régler le débit.
- Faire une marque sur la sonde au niveau
de la narine avec un feutre indélébile.
- Réinstaller la personne et lui dire de
signaler tout trouble digestif ou respiratoire.
- Eliminer les déchets et désinfecter le
matériel utilisé
ainsi que le plan de travail.
- Effectuer un lavage simple des mains ou
effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une
solution hydro-alcoolique : hygiène
des mains.
- Transmissions : date de pose,
vérification de la bonne position, le type et le numéro de la sonde,
réaction du patient.
- Prévoir une radiographie de contrôle
pour vérifier le bon positionnement de la sonde.
Risques
et complications
- La
sonde peut se boucher :
- Vérifier le bon fonctionnement du
manomètre.
- On doit entendre le sifflement au niveau
de la prise d'air quand l'aspiration est faible.
- Injecter 10 à 20 ml d'eau ou d'air et
réaspirer tout de suite.
- Mobiliser un peu la sonde.
- Contrôler le collectionneur : s'il est
saturé, l'aspiration ne fonctionne plus.
- La
sonde est responsable d'escarres et de lésions :
- Mobiliser la sonde chaque jour et
changer le site de fixation.
- Soins de nez quotidien.
- Pansement.
- Pharyngite
– Mastoïdite : douleur à la déglutition, douleur à la
gorge.
- Soins de bouche répétés.
- Anesthésie locale.
- Perforation
d'ulcère :
- Diminuer l'aspiration.
- Prescription médicale d'anti-acide ou de
pansements gastriques.
- Déshydratation
: sensation de soif, sécheresse des muqueuses, pli cutané.
- Faire le bilan des entrées et des
sorties.
- Contrôler le bilan hydroélectrolytique
sanguin et urinaire.
- Prescription médicale d'aérosols,
humidificateur.
- Perfusion.
- Encombrement
pulmonaire :
- Surveillance de la température et du
comportement du patient.
- Prescription médicale d'un radiographie
pulmonaire.
Surveillances
et évaluations
- Vérification du bon positionnement de la
sonde.
- Remplacer quotidiennement les fixations.
- Surveillances en fonction de
l'indication.
MAJ:29/10/2008